Kalash Criminel en action avec « Écrasement de tête »

Quelques semaines après la sortie des singles « Dans tous les sens » et « Pronostic », le rappeur sevranais sort un troisième titre toujours plus brut, dans lequel il dénonce, à travers un clip, les violences policières.
C’est l’occasion de se pencher sur le morceau et le clip.

Focus sur le morceau

« J’aime bien Son Goku, mais je préfère Broly, il est plus méchant, il est plus dangereux, il est albinos ». 

D’entrée de jeu, Kalash Criminel se positionne dans l’égotrip, rappelant qu’il est le meilleur et, bien évidemment, le « cagoulé le plus connu au monde ». À l’aide d’une référence à Broly, personnage phare de la saga Dragon Ball, connu surtout pour sa puissance et son aptitude à tout détruire sur son passage, le grand Crimi nous rappelle que lui non plus n’est pas là pour jouer au héros comme le fait Son Goku, mais qu’il préfère marquer son passage par la destruction. De même, il s’identifie à Broly par certaines caractéristiques physiques qu’ils ont en commun : Broly transformé en Super Saiyan a le teint très clair, les yeux bleus, et les cheveux blonds, comme Kalash Crimi.

À travers ce morceau, Crimi décrit son lieu de vie, Sevran, comme une « jungle » où les gens « meurent comme les bébés impala », un climat de violence qui explique notamment ses propos crus dans ses morceaux.

Côté refrain, on retrouve la brutalité classique de Kalash Criminel, qui fait référence à l’actualité : « nique la mère à l’inspecteur ». Après le meurtre de George Floyd, et les violences policières en général, Kalash Criminel ne reste pas indifférent et se doit de partager son ressenti. À travers cette insulte, il montre son soutien aux familles des victimes et au mouvement du BLM, tout en montrant sa haine anti-flic qui le déferle.

Analyse du clip et références

En même temps que le single, Kalash Criminel dévoile un clip engagé pour « Écrasement de tête ». 

Il est utile de rappeler le contexte de tension politiques, raciales et policières dans lequel se trouvent actuellement de nombreux pays. En effet, suite à la mort de George Floyd par des officiers de police américain ce 25 mai à Minneapolis, les États-Unis se trouvent en proie à des manifestations visant à dénoncer les violences policières et le racisme structurel du système. En France, ce même combat est mené sous l’impulsion d’Assa Traoré, soeur d’Adama, décédé en 2016 sous les coups des gendarmes lors de son arrestation. 

Le rappeur adopte une position ferme et très marquée à l’égard de cette problématique à travers le clip d’ « Écrasement de tête ».

« Mais la police n’est pas censée nous protéger ? »

Ce dernier démarre sur la course d’un enfant qui tente d’échapper à des officiers de police et qui se réfugie dans un entrepôt, ce qui n’est pas sans rappeler la mort dramatique de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux jeunes décédés en 2005 après une course poursuite lors d’un contrôle de police

Avant le premier refrain, on entend « Mais la police n’est pas censée nous protéger ? », une phrase souvent reprise par les personnalités dénonçant les violences policières. La vidéo montre ensuite l’enfant vu précédemment arrêté puis tabassé et mutilé par les policiers qui le poursuivaient. La mutilation de la victime peut également faire référence au traitement réservé aux esclaves noirs à l’époque, lorsque ceux-ci agissaient contre les ordres de leur maître ou tentaient de s’enfuir (c’est le cas par exemple de l’esclave Kunta Kinté, un personnage de fiction du célèbre roman Racine de Alex Haley). 

S’en suit une scène où l’officier est vu de dos, dans sa voiture, les mains ensanglantées au volant, tandis qu’en fond sonore, Kalash Criminel affirme un grave « Nique sa mère la police on a des armes pour se protéger », une phrase dénonçant la situation actuelle qui pousse les gens à se protéger eux-mêmes et évidemment à se méfier de la police. 

Kalash Criminel apparaît au moment du refrain, entouré par des hommes habillés tout en noir et à la tête en feu, ainsi que de corps pendus. C’est ici une référence au groupe du Ku Klux Klan, groupe suprémaciste blanc ayant terrorisé les Noirs lors de la ségrégation aux USA en commettant des crimes racistes (brûler, pendre et lyncher), dont l’uniforme se constitue de grandes cagoules pointues blanches. Cette scène puissante a pour but de rappeler que ce genre de pratiques étaient banales à l’époque, et qu’elles existent malheureusement toujours dans l’ombre aujourd’hui. 

Enfin, le clip se termine par un hommage aux victimes des violences policières, afin d’ancrer l’engagement du rappeur. 

En attendant l’album, Kalash Criminel balance un son typique de son image, dans lequel brutalité et propos engagés se mêlent. L’artiste excelle dans le domaine de la dénonciation, et s’appuie sur des références pointues pour illustrer son propos. À défaut de se faire écraser la tête, vous pourrez la bouger sur ce banger. 

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