Interview : Sans fausse note avec Danyl

Dans un climat actuel suffoquant, un vent de fraîcheur fait le plus grand bien. Un voyage musical original et moderne auprès d’un jeune rappeur-compositeur parisien. Après avoir échanger avec lui, nous vous proposons de découvrir ou d’en apprendre plus sur Danyl et sa vision de la musique, entre notes de piano et rythmes latinos.

Tu as commencé la musique très tôt avec le piano, pourquoi ce choix de faire du piano à l’âge de 6 ans ?

Comme ma mère était pianiste, j’ai toujours baigné dans la musique. Au tout début, je faisais un peu ça par contrainte (rires), et avec le temps j’y ai pris goût, jusqu’à être diplômé du conservatoire de Paris. J’ai commencé à faire des prods vers 14 ans pour d’autres rappeurs qui posaient dessus, mais j’ai commencé à voir les limites de cet exercice et puis je me disais toujours que le gars ne posait pas comme j’aurais voulu. C’est à partir de ce moment là que je me suis vraiment lancé dans le rap.

T’écoutais quoi à cet âge-la et qui est-ce qui t’a inspiré ?

J’ai toujours écouté du rap et en grandissant, je me suis ouvert à tous types de musique : pop,rock… J’ai appris à aimer des classiques musicaux comme Queen ou les Beatles. Après niveau rap, si je devais retenir un artiste, ce serait Drake. Musicalement je kiffe ce qu’il fait. Après maintenant, le rap c’est plus vraiment ce que j’écoute le plus. Je suis énormément ce qu’il se passe en Amérique du Sud. J’écoute beaucoup de musiques latines, comme le reggaeton et même des sons brésiliens. Je pense que ça m’inspire beaucoup. Mon feat de rêve ? Clairement ce serait avec Bad Bunny, je pense que c’est le meilleur dans son domaine.

Le rap c’est aussi parfois un travail d’introspection et d’écriture, t’écrivais avant de te mettre à rapper ?

Non pas vraiment. Au début et pendant longtemps, j’ai fait passer la musique avant les paroles. Mais avec le temps j’y ai pris goût, j’ai commencé à comprendre l’importance des textes et à m’appliquer. J’aime bien être honnête et que mes écrits soient à la fois subtils et pas trop compliqués. Avec beaucoup de précision, pour que les gens aient des images en tête. Que tout le monde puisse se reconnaître dans ce que je dis ou même juste réfléchir un peu.

J’ai l’impression que certains rappeurs s’enferment dans une spirale de mélancolie gratuite, comme s’ils étaient toujours tristes. Et avec cette mode, y a pas de mal de gars qui s’inventent des malheurs et ça perd de son authenticité.

AUJOURD’HUI, C’EST LA MODE DE LA MÉLANCOLIE GRATUITE

T’as sorti un projet de 7 titres cette année « Partition », es-tu content des retours que tu as eus ?

Oui je suis vraiment content, et puis c’est un projet que j’ai réalisé en indépendance, donc ça fait d’autant plus plaisir. Et comme j’avais aucune attente sur ce projet en terme de stream par exemple, c’est vraiment que du positif. Il m’a servi de tremplin professionnel et a permis de me faire connaitre du grand public. J’ai pu faire mes premières scènes grâce à cette mixtape, donc je suis vraiment satisfait.

A propos des ventes, à l’heure où les chiffres sont omniprésents dans la musique, quel est ton point de vue sur ça ?

Franchement je trouve ça dommage de juger un album à ses ventes. Parce que déjà pour vendre, la musique ça fait pas tout, y a toute une question de promos et de marketing derrière. Et puis on peut pas comparer l’incomparable. Y a rien à voir entre un Booba qui sort un album avec une grosse communauté déjà derrière lui et un artiste en développement qui cherche à se faire un nom.

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« Partition », disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Au fait, t’as regardé la série « Validé » ? C’est réel à tes yeux les conflits d’intérêt dans le rap ?

Oui j’ai kiffé, mais en réalité c’est archi réel. Les conflits pour l’argent autour d’un prodige, les maisons de disques qui ne donnent aucune avance, non c’est réel. Le côté de la rue est peut être un peu exagéré, romancé on va dire, mais bon, c’est normal c’est une série il faut aussi du suspense et de l’action. Moi j’ai la chance d’être entouré de gens que je connais bien, mon manager est un ami d’enfance comme pour Apach. Pour faire court, je gère la partie artistique et lui tout le reste, mais on en discute toujours ensemble.

C’est quoi la suite pour toi dans la musique ?

Faire la musique que j’aime, sans m’enfermer dans telle catégorie ou tel style musical, et pourquoi pas vivre de ça, pour pouvoir ensuite me servir de ma notoriété dans le milieu afin d’être libre de mes choix, et réaliser mes projets futurs. Dès la fin du confinement, je reviens avec un clip sur lequel on pas mal bossé, et après, je vais continuer à faire la musique qui me fait kiffer pour aller le plus haut possible.

Instagram et Twitter: @danylchulo

Propos recueillis par Tom Molina

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