Interview de Kemmler, jeune talent de Marseille

Très prochainement, le talentueux Kemmler, originaire de Marseille sortira Gris, la première partie de son album évolutif. À l’occasion de cette sortie, il s’est livré en exclusivité pour RapFrActus. Nous vous proposons de vous plonger dans l’univers de ce jeune artiste, en pleine ascension.

T’as commencé la musique assez tôt, qu’est-ce qui t’a motivé à le faire ?

J’ai commencé au collège. Y’avait des ateliers d’écriture entre midi et deux. Avec des potes on y allait parce qu’on s’ennuyait. À force d’écrire j’ai senti que y’avait un p’tit truc et ça me plaisait bien.

T’écoutais quoi comme musique, et qu’est-ce qui t’a inspiré ?

J’écoutais beaucoup de rap français. Ceux qui m’ont marqué sont Kery James, Youssoupha, Lino ou encore Diams. Mon grand frère écoutait IAM, donc j’ai aussi baigné un peu dans l’ambiance oldschool.

Tu as écrit pour pas mal d’artistes. Ça t’a été bénéfique dans l’écriture ?

Oui ça m’a été bénéfique car j’ai développé des techniques d’écriture. Travailler pour des autres ça oblige à s’adapter aux autres genres musicaux, aux prods… Au niveau personnel aussi ça m’a aidé à être rigoureux.

« L’amour c’est un des thèmes indémodables »

Le premier morceau “Absolution” annonce la couleur du projet. On sent de la mélancolie à travers ce titre. Comment pourrais-tu décrire ton univers ?

Mon univers c’est juste un gars, tout à fait normal qui raconte ce qu’il vit réellement. À travers mes sons j’essaye de toucher un max de monde. Et je me rends compte que y’a beaucoup de monde qui est dans mon cas et qui se reconnaît à travers mes sons. C’est juste dingue ce que cet effet de la musique procure.

L’amour c’est un des thèmes assez récurrent dans tes morceaux, qui n’est pas encore totalement démocratisé. T’en penses quoi de ça, et aimerais-tu inverser la tendance ?

L’amour c’est un des thèmes indémodables. On en parlait y’a 100 ans, dans la littérature, la musique, et on en parlera toujours 100 ans plus tard. N’importe quel mec dans sa vie tombe amoureux, donc c’est très facile de se reconnaître dans une chanson qui parle d’amour. De nos jours ça se démocratise de plus en plus je trouve. Dans chaque album on pourra retrouver des morceaux dédiés à ce thème par exemple.

Est-ce que ta musique fait passer des messages ?

J’essaye au maximum de véhiculer des choses positives à travers ma musique, même si mes textes paraissent assez sombre à cause des thèmes abordés.

« Quand j’ai reçu l’invitation de Youssoupha, j’étais sous le choc »

C’est ton premier projet chez Def Jam. Comment t’as vécu ta signature chez eux?

Après la sortie de mon premier projet Rose, j’ai été contacté par plusieurs maisons de disque, et c’est Def Jam qui m’a le plus attiré au niveau musical : ça me permettait d’être très libre dans mon art et c’est ce que je recherchais. La suite de Rose c’est donc l’EP Gris. C’est important pour moi car c’est le premier projet chez Def Jam, et ensuite parce qu’il y’a une réelle évolution au niveau artistique ou même graphique.

Tu es de Marseille : est-ce que tu as des envies de feats/ des connexions prévues avec d’autres artistes de la région ?

Sur la scène actuelle marseillaise je cherche pas réellement de feat juste pour avoir une collaboration importante sur un projet. Si je devais en faire un, ça serait avec quelqu’un qui me comprend, qui se rapproche de ma musique. Ça serait plus une connexion humaine avant une connexion musicale. Si je m’entends bien avec un autre artiste à peu près dans le même délire que moi, la collaboration sera évidente, elle se fera par elle-même.

Récemment tu as été invité au concert de Youssoupha pour faire sa 1ère partie. Comment tu l’as vécu ? Être sur scène ça te fait kiffer ?

Quand je me suis lancé dans la musique, mon rêve c’était d’être sur scène et de faire kiffer les fans. Se produire sur scène c’est le rêve de nombreux artistes. J’ai fait quelques concerts dans le passé, pendant des petits événements à droite à gauche. Quand j’ai reçu l’invitation de Youssoupha j’étais sous le choc.
J’étais totalement honoré, et ça m’a fait bizarre de voir un mec que j’écoutais petit, me choisir pour faire sa première partie. Et puis surtout c’était pas n’importe où. Se produire à l’Olympia aussi c’était dingue. C’est comme si tu sortais de centre de formation et que t’attaquais direct titulaire dans un grand stade.

Au fait, t’as regardé la série « Validé » ? C’est réel à tes yeux les conflits d’intérêt dans le rap ?

Ouais j’ai regardé, j’ai kiffé. Pour ma part j’suis pas trop dans ce délire là, j’ai une façon de penser assez différente des autres, mais tout ce qui est conflit d’intérêt c’est réel. Y’a beaucoup de complications entre labels à cause de ça, etc.

En attendant la sortie de cette première partie de l’album, retrouvez les morceaux de Kemmler disponibles sur toutes les plateformes de téléchargement légal.

Interview réalisée par Jérémie Valeriani.

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